Blog de Catherine Pierdat, auteure

19. nov., 2021

Le basilic: symbolisme

Créature fabuleuse et chimérique ailée, le basilic possède une tête de coq et un corps de serpent. Son nom, basiliscus en latin, basiliskos en grec, signifie littéralement « petit roi » [1]. Dès l’antiquité, on lui attribue le pouvoir de tuer quiconque croise son regard. De double nature, faste s’il possède des ailes du coq, il est supposé néfaste si ses ailes sont celle de la chauve-souris. Dans le meilleur des cas, il symbolise la dialectique qu’il tient du coq et surtout de la pierre alectoire — elle favorise les orateurs —, mais aussi de la subtilité du langage du serpent [2]. Diabolisé à l’époque médiévale dans son aspect chtonien, on le représente dans les bestiaires comme un serpent couronné et adoré de ses sujets. Il symbolise la luxure, un des sept péchés capitaux [3].

Un regard de mort

D’après Brunet Latin, encyclopédiste du XIIe siècle, Alexandre le Grand aurait fait fabriquer des ampoules de verre pour protéger ses hommes du regard foudroyant de plusieurs basilics. Ils se glissèrent à l’intérieur et purent occire de leurs flèches les terribles reptiles sans crainte d’être vus [4]. Le légendaire du basilic ajoute qu’on peut le tuer grâce à un miroir tourné vers lui. Le reflet de son propre regard le foudroie. (…)